26 juillet 2023
21 juin 2023
Le 19 eme trou
Chacune de nos parties de golf trouve une juste récompense , dès le dernier green quitté, au coin d un comptoir de bar ou au soleil d’une terrasse.
Le verre de l’amitié , le verre comme enjeu , le verre du perdant ou celui plus enjoué du vainqueur , le golfeur inexorablement partage son premier débriefing devant un verre réconfortant.
La boîte de Pandore grande ouverte , les discussions vont bon train , sans reprendre son souffle , ni mettre un peu de nuance dans les propos, le golfeur refait le match , pestant contre les conditions, le matériel et surtout , surtout , contre la chance .
La bière recueille le plus souvent les suffrages, pour son côté pub britannique, authentique sans doute, il paraît même que c’est idéal pour la récupération, c’est le docteur qui nous l’a dit.
Et puis la bière , ça se sert par tournées, impossible de rentrer sans avoir mis la sienne .
Cacahuètes à l appui, le moment de bonheur est intense .
Je connais quelques piliers de bar, qui aiment aussi prolonger l’instant en initiant des parties de 421 ou de belote comptoir .
C est les coutumes d antan, qui résistent au monde du numérique et aux écrans .
On en parle depuis le 15 , la mousse approche, elle est plus facile à visualiser que ce putt en pente .
Elle coule déjà dans les gorges , elle redonne aux golfeurs les plus abattus le sourire amnésique.
Si le divin à touché votre partie, et qu’un trou en 1 s’est invité à la fête , alors les bulles changent de couleur.
Champagne pour tout le monde , c’est la règle ( paraît il), tous les golfeurs présents sur le parcours en même temps que vous ont droit à leur coupette, c est la chance d’une vie quand même .
Même le grand Seve a dû attendre tant d années avant de « dunker » un coup de fer .
A l ‘époque du grand boum du golf en France début 90, on entendait même , que certains assureurs , proposaient l assurance « trou en 1 » pour éviter le désastre des caisses de champagne à ouvrir . Après l extase , la crise financière.
Le 19 trous peut prendre à certains moments un accent plus méditerranéen, la mauresque prend la place de la bière .
Ce petit mélange de pastis/ orgeat avec de l’eau très fraîche , joue au désaltérant dans sa forme « dans un grand verre ». La discussion prendra alors la forme d’un nouveau match entre les fans du Pastis , ceux plus canebiére, du Ricard et enfin les fins spécialistes du seul et unique Casa. L’occasion est trop belle pour prolonger le plaisir, aujourd’hui il fait trop chaud , j’en reprendrais bien un petit .
Un peu plus au nord les terrasses parisiennes se remplissent , vers la mi juin, pour deux mois bien mérité , de soleil .
La partie de golf se prolonge en terrasse , entre amis, toujours la même table , les mêmes amis, d’ailleurs on ne participe à la compétition que si l’on joue ensemble.
Le magnum de rosé est au frais depuis le matin, les verres arrivent par pleines mains.
Le rosé dans le verre , le rose aux joues, les score s sont déjà oubliés, parce que l’essentiel est ailleurs,ici , dans la convivialité, la festivité, de ces précieux rayons de soleil qui imposent le breuvage provençal .
Il convient d être à l heure , sinon les putt du 18 se feront sous le brouhaha décomplexé de la meute déshydratée.
Le son monte, les rires cristallins ont déjà couvert les quelques érudits qui osent encore raconter leur partie.
C est la belle vie , la dolce vita a l’ombre des cerisiers en fleurs.
Enfin arrive le sans alcool, le golfeur anonyme, celui qui s’est juré plus jamais .
Certainement pas d’alcool c est un sport quand même .
Et puis ,hier soir, avec tout ce qu’on a bu….. du pamplemousse ce sont des vitamines, ça va me requinquer.
Le fameux buveur de « Chose » s’oriente vers le désaltérant, l’avouable , le chic.
Le chose c est la boisson du golfeur, comment ? Tu ne connais pas le chose ? Tu ne connais pas « grand chose » (avec des glaçons)
C est le moment de découvrir , ce mélange « hyper sucré « avec cette petite pointe de tension du pamplemousse.
On va devoir apprendre à l’aimer.
Au golf , on met un gant , des pantalons blancs et on boit un chose .
Finalement , peut importe le flacon pourvu qu’on est l’allégresse d’ une parenthèse du temps.
Ce sport qui nous donne tant, autant d espoirs , de folles émotions que de tristesse et d abattement, mérite bien une fois le dernier putt venu , son élixir à partager .
Patron , la même chose s il vous plaît
2 mai 2023
Jouer au golf ou faire de la randonnée
Le chemin qui mène le golfeur vers son graal n’est pas un long fairway tranquille !
L’histoire de ce jeu nous rappelle sans cesse que rien n’est jamais acquis et que chaque jour a ses propres vérités.
Comme le randonneur qui croit partir pour une aimable balade, le golfeur découvre au fil du temps le vice caché de notre sport.
Se promener, c’est vaguer sans vraiment de but et sans chronomètre, à part peut-être celui de l’estomac qui vous rappelle qu’il est midi.
Randonner, par contre, demande un itinéraire bien choisi, un temps estimé et un niveau de difficulté annoncé.
Une préparation, un sac à dos étudié, une casquette vissée et un pas décidé.
Mais la surprise, guette à tous les coins, ce point de vue incroyable ne se mérite qu’au bout de ce sentier vertical, en plein soleil et au sol dérapant.
Golfer reste un plaisir vague qui ne valorise que le bon coup et efface les mauvais d’un putt court bâclé.
Jouer au golf, c’est tout autre.
Un nombre de trous choisi, une formule de jeu expliquée et des adversaires identifiés.
Les clubs sont rangés, nettoyés, le swing préparé, vitaminé.
Et l’histoire ne s’écrit plus au passé ou au futur, c’est ici et maintenant, avec vos slices, vos grattes et vos appréhensions.
Le jouet est cassé, on n’est pas là pour plaisanter.
Chaque rebond a sa part de vérité, d’injustice, de chance.
Pas un obstacle ne vous épargne, ils ont été créés pour vous.
Comme le sol glissant de ce chemin, la hauteur de ces rochers, la raideur de cette marche, votre randonnée golfique doit affronter les pentes de ce green, la courbe de ce dogleg, la gêne de cet arbre centenaire.
Vous avancez, vous suez vous maudissez, sans jamais connaître la fin, avec vos espoirs, vos petits mieux et vos moins bien.
Une pierre qui s’échappe sous votre pied, c’est un 3 putts qui s’annonce, une fin de col qui n’arrive jamais, c’est ce foutu slice qui ne décolle plus de votre driving, un mauvais itinéraire, c’est ce hors limite qui plombe votre carte.
Comme disaient les anciens, une belle balade gâchée par une petite balle blanche.
Et pourtant, vous revenez, chaque week-end, plein de confiance, presque arrogant, aujourd’hui ça ne se passera pas comme ça.
C’est moi qui vais faire la loi.
Avec les nouvelles Salomon aux pieds ou le driver de l’année en main, pas un raidillon, pas un par 4 ne va vous résister.
Pas une glissade, pas un coup de mou, ni le rough, ni les bunkers ne vous gâcheront le moment.
L’entraînement va finir par payer, c’est écrit partout, d’ailleurs mon coach me l’a dit.
C’est à la sueur de ton front que tu vaincras.
La chanson vous la connaissez et le résultat aussi.
L’ascenseur émotionnel, la légèreté et les jambes lourdes, le fol espoir et les pentes douces.
Chaque scénario apportera son écriture, son rythme, ses espoirs et ses peurs.
Parce qu’on les aime nos 5h de marche, pour un fameux point de vue, un sandwich dans l’herbe, la vie au grand air.
On l’aime notre 18 trous dominical, on y a pensé toute la semaine, à coup de sms avec les copains. C’est programmé, cette fois- ci, on ne perd pas son double, les 3 putts
c’est fini, ça va chauffer.
La bière viendra récompenser le cœur meurtri, le corps rincé, et arrivera le temps des commentaires, des bilans, des anecdotes.
Les rires prendront leur place, et la fine équipe refera le match.
Chacun rentrera chez lui, las, mais heureux, le birdie rare, la crampe menaçante, le score déjà oublié comme le plus abrupt des obstacles.
Demain il sera temps de penser très fort au prochain dimanche où j’irai sans aucun doute jouer au golf ….. ou randonner.



