20 mai 2024
14 mai 2024
La théorie du complot
La théorie du complot
« Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé, n est le fruit d’aucune coïncidence, tout n’est que vérité 🏌️🤡 »
Il est de retour ,avec l arrivée du printemps, le golfeur grincheux,le fataliste , le persécuté , la victime , le calimero des fairways !
Il y a d’abord l’architecte du golf , ce sournois, sous couvert d originalité dans les tracés, il met au travers de la route , obstacles et pénalités .
C’est injuste.
Parce que , juré craché, le coup était parfait ! C’est le parcours qui est dessiné n’importe comment !
Mais c est quoi ces bosses qui poussent tout d un coup autour des greens, ces arbres qui gênent la trajectoire, ces pièces d eau ridicules qui empêchent « mon top légendaire »(mais pas si mal touché 🤣) , d aller au green.
Aujourd’hui , c’est un Viel homme à barbe blanche, mais si je le croise le fameux Robert Junior, il va m’entendre !
Bon ,et si on parlait du jardinier, du greenkeeper en chef . Le fameux gardien du temple .
Lui aussi, il a juré ma perte .
Il prend un malin plaisir à me compliquer la tache.
Monsieur s’amuse d abord à dessiner les fairways.
Une tonte au centre, accueillante ; une autre légèrement plus dense sur les côtés et à peine un peu plus loin, ou forcément se trouve ma balle , la savane , la toundra , la jungle quoi …ça sent le serpent.
Lui aussi m’en veut ! Il a fait exprès d arrêter la tonte juste a quelques centimètres de mon « petit slice » , pour que je perde ma balle.
« Appelez moi le jardinier 🔥 »
Parce qui si par hasard je résiste à son premier vice, il m’attend de pieds fermes autour et sur le green !
Ce qui l’intéresse , c’est de préparer un collier de green redoutable et versatile.
J approche tendu , le rebond est mou ; j approche en cloche , le rebond est ferme .L’esprit de contradiction je vous dis.
Pourtant , le coup était joué intelligemment, mais ce monsieur veut être plus malin que tout le monde.
Je le sais , depuis le début , il ne m aime pas.
Vous voulez des preuves:
La branche qui dépasse au 6 , le sable trop mou dans les bunkers , les greens trop rapides , le râteau qui gêne , et j’en passe. Il a de l’ imagination, ce n est jamais la même petite contrariété à chaque fois.
Il m en veut ,je vous dis il m en veut .
Et la tonte des greens , c est pas fait volontairement ?
Dans un sens ça glisse , dans l autre ça freine.
On n’est jamais sûr de rien ….. un enfer .
Je ne parle même pas de la position des drapeaux, systématiquement inadaptés à la position de ma balle sur le green .
Vous voyez bien qu il m en veut .
Bon, et de mon pro on en parle ?
Avec son air bienveillant, tout va bien se passer monsieur , tout va aller madame!
C est cela oui 🙈
Des que je fais ce qu il me dit , c est socket !
Avant c’était slice , maintenant c’est hook .
Son petit secret sur les approches , c est la gratte assurée .
Pourtant , j ai envie de le croire avec son sourire permanent, mais lui aussi je dois m’en méfier .
Mi ange , mi démon.
Ses consignes , c est un cadeau empoisonné !!!
Je joue tellement bien, quand je ne pense à rien, à rien, à rien ……..
Oui mais bon, ça ne dure jamais longtemps, et ma balle est rétive.
Alors revient la voix paternaliste de mon pro et ses conseils avisés.
Avisés, avisés , rien de mieux pour dévisser oui !
Ce type m en veut , lui aussi.
Je suis sûr qu il ne me dit pas tout , pour que je revienne, encore et encore .
Il en veut à mon porte monnaie, pas à mon golf.
Je vais le garder à l œil celui la !
C’est bien lui qui m’a fait acheter ce driver qui ne trouve jamais le fairway et ce putter qui vise à côté.
Il intrigue , dans mon dos , c est sur .
Celui que j’aime bien , c est le barman, lui il assure , me rassure .
Toujours là pour mon petit café, toujours prévoyant,avenant ,réconfortant.
Mais , est ce que je ne devrais pas me méfier aussi?
Il y met quoi dans son café. ? J arrive au départ super excité, et des le premier green c est les 3 putts !
Une pile électrique.
J’en suis sûr maintenant, ce mec me drogue !
Le pire dans tout ça , ce sont mes partenaires, ils n en manquent pas une !
Et vas y que je trifouille mes clefs dans la poche , que je contiens une quinte de toux dans ma manche , ou que je marche dans mon champ de vision.
C est une stratégie pour me faire échouer , je le vois bien.
C est bien ma veine , chaque dimanche , les mêmes affreux jojo dans ma partie .
Des agités de la poche , des covidés du week-end, des randonneurs en pantalon à carreaux.
Je n’en peux plus !
Pourquoi tout le monde m’en veut ?
Occupez vous de votre balle et laisser moi jouer tranquille ! Dans le silence , seul au monde .
C’est pire quand c’est ma femme , elle est dans la combine . Je suis sur qu’ elle jubile quand je me loupe.
Elle ricane , je la sent dans mon dos .
La coupe des ménages ,mon pire cauchemar.
Je suis sur qu’il y a quelqu’un derrière tout ça .
Un grand manitou qui tire les ficelles .
Un ordonnateur de mes cauchemars, et son bras armé « le directeur du golf »
C’est la faute à la fédé!!!
Ils ont inventé des nouvelles règles , mon index est toujours trop bas , je remonte à chaque compétition.
Ils m ‘ont dans le viseur .
Tous leurs calculs sont mesquins, fourbes , parole de mathématiciens, c est du grand n importe quoi !
Les index, les catégories, les boules de départ ,les séries, les formules , les classements , les remises des prix , les sélections , les ….., du grand cirque .
Mais c’est quoi ces critères .
J’en veux à tout le monde .
Me gâcher mon seul plaisir , jouer au golf, taper la balle droite et haute, mettre tous les putts , et gagner la compétition.
Je n’en demande pas beaucoup non ?
Dimanche prochain , je serai la , mais on ne m’y reprendra pas deux fois.
Je vais me méfier de tout le monde , l architecte, le green keeper, le pro, le barman , les adversaires et le directeur.
C est fini les injustices , je vais retrouver mes droits.
Parce qu’aussi vrai que la terre est plate , tous ces ennuis n’arrivent qu’à moi !
Merci à ma famille d’accueil parisienne pour toutes ces sources d’inspiration, ces rencontres , ces histoires, ces anecdotes si délicieuses
PATRICE AMADIEU
30 ans d'expertise dans le golf
Patrice Amadieu est un expert du coaching de golf en France. Depuis 30 ans, il crée des concepts permettant de comprendre la gestuelle golfique et ainsi optimiser les performances sportives.
Inspiré par l’analyse des swings des meilleurs joueurs mondiaux mais également par nombre de rencontres marquantes et décisives, il a à cœur de mettre son savoir-faire à la portée de tous les golfeurs.
2 avril 2024
Le mois de la gratte
Le mois de la gratte
Après deux pleines journées de leçons, à entendre le même discours évident, « en ce moment je fais des tas de grattes », il fallait bien me rendre à l’évidence ; on était bien, en plein mois du divot incontrôlé. Après l’éphéméride et les grands froids, était arrivé le mois de la gratte.
« Alors docteur, c’est quoi mon problème ? Parce que ‘en ce moment ça me gratouille »
Tentons une définition.
De l’anglais « fat shot », le phénomène est bien connu des golfeurs du monde entier.
Le club, pendant son retour vers la cible, rencontre la grosse sphère «la terre», plutôt que la petite «la balle».
Je devrais écrire ici, « plus tôt », tant l’énorme quantité de terre et d’herbe est projetée en premier, suivie de très près par la balle, qui, manquant « d’un bon coup de pied aux fesses », a bien du mal à avancer plus vite que son compagnon de voyage, le divot.
Vous la connaissez, cette situation peu glorieuse, où le divot va plus loin que la balle qui reste à vos pieds.
Ce mois si particulier a ses caractéristiques, ses codes, ses couleurs.
Votre parcours préféré sort péniblement de sa période d’hibernation, et les sols passent de l’état de banquise aux marécages sans prévenir. Les premiers rayons malins de soleil attendrissent le fairway, sans encore autoriser l’arrivée de l’herbe.
Ainsi, votre balle, superbement frappée, retrouvant à coup sûr le milieu du fairway, s’immobilise, légèrement souillée par cette terre argileuse, là au milieu du parcours.
Vous ne pouvez être en meilleure position.
Une fois essuyée et replacée (c’est la règle à cette époque), vous n’avez plus qu’à la frapper, de votre plus beau swing.
Sans crainte, l’horizon est dégagé, la cible accueillante.
Le danger est caché, blotti sous votre balle attendant votre angle d’attaque irrégulier.
Votre swing de tapis prendra d’abord son premier contact quelques centimètres derrière la balle, juste assez pour qu’au lieu de rebondir ou glisser, il se plante laborieusement puis resurgisse à vitesse modérée vers la balle.
La trajectoire est décevante, irritante, entêtante.
Mais la balle a avancé un peu, à vous de faire mieux et plus précis au coup suivant.
Alors, en grand technicien, vous changez de stratégie.
Le coup suivant sera tapé en descendant, bien vertical.
Fini les coups brossés, jouons la pincée.
Hélas, le projet est ambitieux, mais bien trop sensible pour votre mécanique encore rouillée.
Présentant l’arête du club en premier, votre swing va, tel un marteau piqueur, sonder les profondeurs du fairway.
La balle sera parfois évitée, souvent « socketée », au mieux écrasée, réagissant à la violence de l’impact par une trajectoire rasante et fuyante.
Dans vos mains, la vibration du shaft restera présente encore quelques instants.
Alors que choisir, en la lèche un peu épaisse, du plus beau des brosseurs ou la hache tout en finesse du bûcheron.
La réponse se trouve bien sûr chez votre pro, qui va redoubler d’ingéniosité pour vous apprendre ce swing, parfaitement dans le plan, à l’angle d’attaque idéal permettant ce contact avec la balle direct mais pas trop, et ce divot fin et doux.
Le mois de la gratte offre au petit jeu la part belle, et particulièrement dans l’utilisation, si systématique, de votre sandwedge.
Il n’y a pas pire à planter, avec son arête saillante, son arrondi gourmand, son offset indécent.
Quelques centimètres de mains en avant, et le massacre a lieu, la tombe se creuse et vous y poussez sans entrain la balle inerte.
À vos pieds gît votre balle, encore propre, n’ayant pas répondu à vos attentes. Le coup a bien été joué et sera compté « 1 » mais l’inertie n’a pas activé de trajectoire. La maigre vitesse de votre face de club s’est perdue dans le sol, et seul le souffle de la face a légèrement bougé votre balle.
L’opération pourra être répétée plusieurs fois, si en plus de mal utiliser votre club, vous vous précipitez pour laver au plus vite l’affront.
Il faudra alors vous souvenir des vertus de ce vieux « bounce » auquel vous aviez prêté une oreille distraite cet été pendant votre stage de petit jeu.
Ce bounce recourt à tous vos maux, permettant, shaft bien droit et semelle légère, de dompter les « lies » les plus coquins.
Vous l’avez compris, on n’en a pas fini avec le golf. Après avoir grelotté, nous voilà obligés de surnager, pour faire avancer l’élu de notre cœur, dans sa robe blanche, vers le Green promis.
Mais patience, tout vient à temps, qui sait attendre, après la gratte viendra le top, puis la petite crise de socket, celle de slice, de 3 putts… et enfin, enfin, au milieu de l’été, arrivera la partie immaculée, sans ombres, sans tâches, le bonheur tant espéré… et tout sera oublié.

